Et si le coronavirus nous avait confrontés à un deuil collectif ?

En mars 2020, nous avons vécu un premier confinement généralisé, dont les contraintes furent respectées par 94 % des Français. Cependant, à partir du mois d’octobre de cette même année, alors que la seconde vague épidémique frappait le pays, l’acceptation sociale des contraintes sanitaires s’est affaiblie. L’entrée dans le second confinement s’est accompagnée d’une nette évolution de nos comportements, oscillant entre rejet et résignation.

Et si l’évolution de nos comportements pouvait s’expliquer comme un deuil ? Élisabeth Kübler-Ross a proposé un modèle théorisant les stades émotionnels que nous traversons face à la mort.

En suivant cette logique, le choc du printemps correspond à la phase de sidération, l’événement est tellement brutal que nous y réagissons de manière automatique, sans comprendre. Vient ensuite le temps du déni et de la colère, qui décrivent bien l’été de relative insouciance et l’émergence des personnalités contestataires qui l’ont accompagné.

L’arrivée du mois de septembre et les différents arrangements et contournements des mesures sanitaires proposées s’inscrivent pour leur part dans la phase du marchandage face à la réalité. Enfin, avec le couvre-feu puis le reconfinement, la société française a basculé dans la phase de la dépression, comme en témoigne d’ailleurs la spectaculaire dégradation de la santé mentale des Français.

Si le modèle de Kübler-Ross continue à s’appliquer, alors nous devrions ensuite entrer dans la phase de résilience, qui correspond à un retour à une nouvelle normalité, construite en tirant les leçons de l’épreuve traversée. Peut-être une lueur d’espoir et une perspective encourageante pour l’année 2021 ?